buch3.gif (13365 octets) LA LITTERATURE AU MOYEN-AGE

INTRODUCTION

Le but de cette page est de situer l'oeuvre de Béroul dans le contexte littéraire de son époque. L'évolution de la littérature est indiscutable au moyen-âge et si le lectorat est rare, le public qui écoutait réciter les textes devenait de plus en plus  nombreux. La littérature du moyen-âge est avant tout de tradition orale. Les troubadours ( poètes et jongleurs qui s'exprimaient en langue d'oc, c'est-à-dire en dialecte du sud de la France) et un peu plus tard, les trouvères ( poètes et jongleurs qui s'exprimaient en langue d'oïl, c'est-à-dire en dialecte du nord de la France) parcouraient les campagnes et les villes pour psalmodier ( chanter sur un ton monocorde sans accompagnement d'un instrument de musique) les chansons de gestes, chanter des poèmes lyriques ( avec accompagnement d'un instrument de musique) ou réciter des textes narratifs (romans).

Certes il y avait des manuscrits mais seuls leurs auteurs ou les moines copistes les avaient en leur possession. Lire était réservé à une petite élite et même la plupart des grands seigneurs féodaux étaient illettrés. La tradition écrite n'est donc pas au moyen-âge un mode d'accés à la connaissance des textes. Par ailleurs, troubadours et trouvères étaient le plus souvent accompagnés de jongleurs qui mimaient les scènes racontées ou chantées. Cette "théâtralité" des poèmes et des récits avait pour but premier de retenir l'attention du public et selon ses réactions, il n'était  pas rare que le troubadour insiste sur tel ou tel aspect du texte. Aussi les textes originels sont-ils assez souvent accomodés à la mode du récitant.

Précarité des manuscrits, d'autant plus que l'érosion du temps a souvent rendu leur "déchiffrage" difficile, transmission orale "déformée", sont autant d'éléments qui rendent difficile l'accés  à la littérature du moyen-âge. Enfin, la langue du moyen-âge est très éloignée du français que nous pratiquons. L'ancien français, variant au gré des régions et des dialectes, nécessite d'être traduit pour que le lecteur moderne puisse comprendre les textes et comme toute traduction, cela pose le problème des "approximations" inévitables ( surtout si la graphie est altérée). En dépit de ces inconvénients, la littérature du moyen-âge est une étape nécessaire pour appréhender les oeuvres postérieures , de plus, elle nous a donné de grands héros qui, tels, Roland, Lancelot, Tristan et Yseut ..., font partie du patrimoine cuturel de tous.

QUELQUES REPERES

Evénement politique et social

Evénement littéraire

987 Hugues Capet

1070 La chanson de Roland

1085 première croisade à Jérusalem

1091 prise de Jérusalem

1147 deuxième croisade à Jérusalem

1155 Tristan de Thomas

1187 reprise de Jérusalem

1170 Le roman de renard ( auteur anonyme)

1180-1223 règne de Philippe Auguste

1170 Le roman de Tristan de Béroul

1226-1270 règne de Saint Louis

1170 Lancelot de Chrétien de Troyes

 

Evolution de la langue, évolution de la littérature.

   Attache.gif (202 octets) Avant le XI ème siècle, la langue littéraire était le latin et n'était pratiquée que par les clercs ( hommes lettrés qui faisaient partie du corps ecclésiastique mais qui n'étaient ni prêtres ni moines,  qui avaient la tonsure  ) et s'adressait essentiellement aux grands seigneurs féodaux. A partir du XIème siècle, le public s'élargit : la bourgeoisie des villes prend de plus en plus d'importance et veut accéder à la littérature. Par ailleurs, le nombre des auteurs et des conteurs se multiplie grâce à l'usage de la langue vulgaire ( dialectes de France par opposition au latin). La langue d'oc (oc signifie oui au sud de la France) et la langue d'oïl( oïl signifie oui au nord de la France) commencent à s'imposer en poésie. Les dialectes ( ou langue vernaculaire) tels le picard, le normand, le francien, sont eux aussi au service de la tradition écrite. Au XIIème siècle,les textes de l'antiquité latine sont traduits en roman, langue vulgaire commune à tous les laïcs. Le terme "roman" désignera ensuite toute production littéraire écrite dans cette langue.

   Attache.gif (202 octets) Les récits les plus anciens sont les chansons de geste ( du latin gesta : pluriel neutre du participe passé de gerere qui signifie faire ), récits qui relatent les hauts faits guerriers de héros exemplaires pour défendre la chrétienté au cours des croisades. La plus connue est "La chanson de Roland".  Il s'agit de longs poèmes épiques organisés en laisses ( strophes de longueur inégale qui comportent chacune une unité narrative.) ; le mètre utilisé est le plus souvent le décasyllabe ; les vers étaient assonancés, c'est-à-dire que le dernier son vocalique de chaque vers (indépendamment des consonnes qui encadrent ce son) était le même à l'intérieur de toute la laisse. Le poème était psalmodié par un jongleur qui s'accompagnait d'un instrument de musique ; des saltimbanques mimaient les scènes racontées.

    De   tradition orale d'abord, "la chanson de Roland"  a été transcrite au début du XIème siècle.

   Attache.gif (202 octets) La poésie lyrique domine la production littéraire du début du XIIème siècle : les troubadours et les trouvères chantent des chansons d'amour. L'amour et la nature sont les thèmes privilégiés de ces poèmes composés de quatre ou cinq strophes isométriques. Bientôt, le thème de la fin'amor (amour courtois) dominera la quasi totalité de la poésie. Nombre des auteurs sont inconnus, on retiendra : Chrétien de Troyes et Canon de Béthune

   [...] extrait d'un poème de Chrétien de Troyes

Dame, de ce que vostre hon sui,

Dites-moi, se gre m'an savez ?

Nenil, se j'onques vos connui,

Ainz vos poise, quant vos m'avez.

Et puis que vos ne me volez,

Donc sui je vostre par ennui ;

Mes se ja devez de nului

Merci avoir, si me sofrez,

Car je ne puis servir autrui.

 

   Attache.gif (202 octets) A partir de 1150, un nouveau genre littéraire s'impose : le roman ; texte écrit en langue romane, en octosyllabes rimés (et non assonancés comme dans la chanson de geste), dont le contenu reflète la vie et les préoccupations des cours princières, des grands seigneurs féodaux mais aussi du peuple. Les sujets sont empruntés à la matière de Bretagne c'est-à-dire aux légendes celtiques ( les différents sujets d'inspiration au moyen-âge sont regroupés en trois grandes catégories : 1) la matière antique : sujets empruntés à l'antiquité grecque telle la guerre de Troie, puis à l'antiquité latine ; 2) la matière de France : sujets empruntés aux croisades et aux grandes batailles pour défendre La France ; 3) la matière de Bretagne.) : le merveilleux et le vraissemblable se cotoient. Les chevaliers de la table ronde et le roi Arthur, rendus célèbres par les romans de Chrétien de Troyes, Tristan et Yseut et le roi Marc, restent les figures emblématiques de la production littéraire de cette époque.

   Attache.gif (202 octets) A Partir du treizième siècle, les romans se multiplient, et traitent de sujets très divers. Les plus connus sont : "Le roman de la rose" de Guillaume de Lorris et de Jean de Meun, évocation sur le mode allégorique des vices et des vertus de l'être humain ; "Le roman de Renart", écrit en prose et décomposé en "branches" (à chaque "branche" correspond une aventure différente) fait la satire des comportements humains en se servant d'animaux dont "Goupil" qui depuis a fait une longue carrière.

   Attache.gif (202 octets) Au quatorzième siècle, c'est à nouveau le grand retour de la poésie. Le thème de l'amour courtois est délaissé au profit d'un lyrisme plus personnel, comme en témoigne la poésie de Charles d'Orléans ( 1394-1465), qui en quelque sorte annonce déjà la poésie lyrique du seizième siècle. François Villon , met en vers toute sa révolte contre la société et l'ordre établi. Il se démarque de l'écriture poétique canonique en ayant recours à un langage familier, voire vulgaire. "La ballade des Pendus"  et "la Ballade des Dames du temps Jadis" sont ses poèmes les plus retenus.

   CONCLUSION

Période intermédiaire entre l'Antiquité et la Renaissance, le Moyen-Age , par son appellation, semble être une période peu importante tant d'un point de vue hisrorique que d'un point de vue littéraire. Il est vrai que les manuels d'histoire et de littérature lui accordent une moindre importance et que, selon l'opinion entretenue, la culture se fonde davantage sur les écrits de l'antiquité et sur ceux de l'époque moderne. Quoiqu'il en soit, que justice lui soit rendue : le mythe de Tristan et d'Yseut est de taille à rivaliser avec celui d'Electre.

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