links.gif (1115 octets)          LE PESSIMISME  links.gif (1115 octets)

 Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets) APPROCHE DE DEFINITION

 Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets) LE PESSIMISME DANS UNE VIE

 

 

 

 

arrow32.gif (570 octets)APPROCHE DE DEFINITION

 

fleche.gif (94 octets) Né du mal de vivre qui caractérise la fin du XIXème siècle, le pessimisme se traduit par une haine du réel parce-qu'il n'est que souffrance : VIVRE EST ABSURDE ET DESESPERANT.

 

fleche.gif (94 octets) Le thème de la mort est omniprésent dans tous les arts, en peinture, en musique, en littérature ( cf les titres de certaines peintures : " ANGOISSE", CENDRES", "DEUX SQUELETTES DANS UN INTERIEUR" )

 

fleche.gif (94 octets) La vanité des sentiments humains accentue la solitude de l'homme dans un monde absurde et sans Dieu et son horreur de vivre.

_  MALLARME   écrit: "La chair est triste, hélas ! / Et j'ai lu tous les livres"

_ Des Esseintes, le héros de "A Rebours", roman de Huysmans déclare : " La vie de l'homme oscille comme un pendule entre la douleur et l'ennui."

_ Et Baudelaire en appelle à la mort : " Et sur fond vide du ciel se détache la redoutable et consolante figure de celle qui les affranchira de tous les esclavages et les délivrera de tous les doutes : la mort."

butto60y.gif (972 octets) LE ROLE DE SCHOPENHAUER

Dans " Auprès d'un mort", ( nouvelle publiée en1883, la même année qu'Une vie" ), le héros de Maupassant, disciple de Schopenhauer, déclare : " Qu'on proteste ou qu'on se fâche, qu'on s'indigne ou qu'on s'exalte, Schopenhauer a marqué l'humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l'amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite."

Maupassant, sous l'influence de sa mère (maupassant-biographie.htm), connaissait " Le monde comme Volonté et représentation, publié en 1818, et connu en France à partir de 1851.

QUELQUES APHORISMES DE SCHOPENHAUER peuvent expliquer certains aspects du roman de Maupassant :

Attache.gif (202 octets)  L'existence est " une éternullité " qui oscille entre l'infini de la souffrance et la fatalité de l'ennui : "Nous sommes tous les galériens de la volonté de vivre" ( contrairement aux animaux qui acceptent la vie avec son corollaire la mort et ne vivent que le présent, instinctivement)

Attache.gif (202 octets) "Pour la plupart, la vie n'est qu'un combat perpétuel pour l'existence avec la certitude d'être enfin vaincu". En ce sens, rien ne peut compenser la tristesse de la vie, ni l'amour, ni la haine, ni la beauté du paysage, ni la révolte.

Attache.gif (202 octets) " La vie de chacun de nous dans son ensemble est une véritable tragédie" ; il ne faut donc pas croire tout ce qui pourrait promettre le bonheur : ce ne sont que mensonges.

Attache.gif (202 octets) " S'il y avait un Dieu, je n'aimerais pas être à sa place, la misère du monde me déchirerait le cœur."

Attache.gif (202 octets)  " A quelques rares exceptions près, tout être dans le monde, homme ou animal, travaille de toutes ses forces,  en faisant tous ses efforts du matin au soir, à sa seule survie et cette survie n'est pas digne qu'on se donne cette peine ; en outre, elle doit prendre fin au bout d'un temps : l'entreprise ne couvre pas les frais."

Attache.gif (202 octets) " Se marier, c'est faire tout son possible pour se faire prendre en horreur par quelqu'un."

Attache.gif (202 octets)     " La vie n'est pas faite pour que nous soyons heureux mais pour que nous ne le soyons pas."

 Attache.gif (202 octets)      " Les hommes sont des maquereaux la moitié de leur vie, l'autre moitié des chapons. Les femmes se départagent en femmes trompées et en femmes trompeuses." Pour l'auteur de " La métaphysique de l'amour", le désir sexuel est une mécanique aveugle qui ne peut se limiter à un seul objet et l'infidélité dans le mariage est la norme. Bien plus le mariage d'amour est un leurre:

" Tant que nous l'avons en perspective, tant que nous le voyons venir, c'est un paradis de volupté ; mais quand il est passé   et que nous le contemplons par derrière, il se montre comme une chose futile et insignifiante."

arrow32.gif (570 octets) LE PESSIMISME DANS UNE VIE

La déréliction et les désenchantements de Jeanne illustrent ce désir, voué à l'échec, du " vouloir vivre" et de croire au bonheur

Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets)  Au sortir du couvent, ignorante de toute réalité, elle est " prête à saisir tous les bonheurs de la vie". Elle éprouve des sensations qui la confortent dans cette attitude et qui alimentent ses espoirs :

_ Elle est émue par le lever du soleil.

_ Elle goûte les beautés de la nature et tous ses sens sont en éveil : l'odorat qui apprécie le parfum des fleurs, la vue qui admire la mer, le toucher lors des bains de mer ( cf. p. 45)

MAIS ce vouloir vivre se transforme sous l'influence de la réalité. Jeanne et Julien, jeunes fiancés " se regardaient de ces regards fixes, aigus où deux âmes croient se mêler." Déjà leur bonheur est placé sous le signe de l'illusion .

Le soir de son mariage, elle ressent une sensation de froid, de solitude, de tristesse qui lui pesait sur l'âme." (82 ).

Ce ressenti est la preuve que le bonheur à deux est inaccessible mais Jeanne, trop naïve et trop aveuglée par ses rêves est incapable de lire dans , dans les événements,  la réalité telle qu'elle est vraiment.

Les différentes étapes de sa vie viendront confirmer ces premières impressions de vie morne et triste et provoqueront un désenchantement proche du dégoût.Le quotidien, avec son cortège de lassitudes et d'ennui s'imposera de plus en plus à Jeanne :

" Que désirait-elle ? Elle ne le savait pas. AUCUN besoin mondain ne la possédait. AUCUNE soif de plaisirs. Aucun élan vers des joies possibles. Ainsi que les vieux fauteuils du salon ternis par le temps, tout se décolorait doucement à ses yeux, tout s'effaçait, prenait une nuance morne et pâle." (110)

 

Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets)   Lorsque Jeanne accouche, Maupassant insiste sur l'aspect animal de l'enfant. Paul est " une larve .... un avorton fripé, grimaçant... " ( 155 ) et le bonheur maternel de Jeanne est d'abord de l'ordre de la sensation physique : " Ce miaulement frêle d'enfant nouveau- né lui entra... dans tout son pauvre corps épuisé [ ...] ce fut en elle une traversée de joie." (155 ).

Son désir d'un autre enfant ne relève que d'un vouloir égoïste. La peur de perdre Paul surpasse son dégoût des infidélités de Julien et elle joue la comédie de la femme sensuelle et aimante, poussée par le besoin de donner la vie , comme si elle croyait que la vie était belle à vivre. Elle tombe une fois de plus dans le piège du " vouloir vivre"

Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets)  La mort de sa mère et la découverte de son infidélité lui font prendre conscience du mensonge et de la laideur de la vie :

" Tout n'était donc que misère, chagrin, malheur et mort. Tout trompait, tout mentait, tout faisait souffrir et pleurer. " ( 186 )

Cette constatation est suivie d'un longue d'interrogations sur l'immortalité de l'âme et la place de l'être dans l'univers : "Où était donc montée l'âme de petite mère ?"

Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets) Elevée  dans une famille où la religion relève plus d'une norme sociale que d' une foi authentique, influencée par la vision panthéiste de son père, Jeanne se tournera   momentanément vers la religion pour y trouver un secours à ses malheurs.

L'abbé Tolbiac,(les_autres_personnages.htm) fanatique de premier ordre, l'accusant d'être la complice des infidélités de son mari, lui fera prendre conscience que Dieu est le grand absent dans la vie des hommes et croire en lui ne fait qu'accentuer son mal être .(cf.p.207)

L'abbé Picot, tolérant et lucide , était obligé de constater que la vie sensuelle primait sur la relation amoureuse et parlant de Rosalie qui venait d'accoucher alors qu'on ne lui connaissait pas de mari : " Que voulez-vous ? elles sont toutes comme ça dans le pays. C'est un désolation, mais nous n'y pouvons rien." ( 145 ). Il va jusqu'à reconnaître que l'adultère fait partie de la norme : " Voyons monsieur le baron, entre nous, il a fait comme tout le monde. En connaissez-vous des maris qui soient fidèles ? " (145 )

Arrow_Sharp_Right.gif (1070 octets)  Tout dans le roman est teinté de pessimisme :

_ L'amour est un leurre, même chez ses parents

_ La fortune matérielle est illusoire

_ L'amitié ( sauf de la part de Rosalie) est une erreur

_ La maternité n'épanouitpas la mère

_ La religion est intolérante et peu secourable

La réalité est brutale et violente. Rien d'exaltant ne parvient à distraire Jeanne de la monotonie des jours qui passent. Son emploi du temps à partir du chapitre VII est navrant : (124)

Chaque matin : _ elle se levait

                              _ jouait aux cartes

                              _montait dans sa chambre

                             _ s'asseyait près de la fenêtre

                             _ elle brodait

                            _ elle levait les yeux

                            _ elle cotemplait au loin la mer

                           _ elle reprenait son ouvrage

                           -ELLE N'AVAIT RIEN D'AUTRE A FAIRE

Prématurément vieillie, sans désir, sans espoir d'aucune sorte, sans joie , Jeanne subit la vie. Le sous-titre de l'oeuvre " l'humble vérité" résume parfaitement l'oeuvre : loin des rêves et des joies, la vérité de la vie est bien fade : il n'y arien à faire : l'immobilisme dans lequel Jeanne se confine est une réponse à l'absurdité d'une telle vie.

 

CONCLUSION

A la fin  du roman, Jeanne se retrouve sans parents, sans mari, sans enfant, seule Rosalie, fidèle compagne des derniers jours, est là pour la soutenir et l'aider à continuer à vivre.

La vie de Jeanne se résume en ces deux mots : RIEN + ENNUI. Impassible, elle a assisté au naufrage de ses illusions ; déçue de tout et de tous, elle a appris le dégoût de vivre.

Depuis son retour de Corse, rien n'a changé et le bilan qu'elle faisait au début du chapitre VI : " C'était fini d'attendre. Alors rien à faire, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais [...] et la journée s'écoula comme celle de la veille, froide, au lieu d'être humide. Et les autres jours de la semaine ressemblèrent à la première."  (103) aurait pu légitiment trouver sa place à la dernière page du roman. MAIS Maupassant a laissé à Rosalie le mot de la fin :

" La vie, voyez-vous, ça n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit."

Personnage plein de bon sens, conscient des réalités de la vie, Rosalie est moins amère que Jeanne. Cette attitude du juste milieu vient tempérer le pessimisme trop noir de Jeanne . Accepter la vie telle qu'elle est , avec ses bons et ses mauvais côtés, est peut-être la solution pour être parfois heureux, ou du moins, moins malheureux.

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