LEXIQUE DES TERMES NECESSAIRES A L'ETUDE DES POEMES EN PROSE

   

ALLEGORIE : représentation d'une entité abstraite ( une idée telle la liberté, un sentiment tel l'amour, d'un état, la mort ) par un être animé ; il peut s'agir d'une personnification : Cupidon, pour l'amour, une femme pour la liberté ou de toute autre être animé : la colombe pour la paix.

Exemple ::"allégorique dalhia" pour désigner la femme dans "L'invitation au voyage"

ALLITERATION : Répétition à intervalles réguliers de la même consonne ; on parle d'allitération en [ t ], en ( f]... L'alitération et  l'assonance sont des harmonies imitatives ( imiter le sens par les sons.

Exemple : " [...] imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle..." "Le confiteor de l'artiste"

ANAPHORE : reprise du même terme ou de la même expression au début de chaque phrase ou paragraphe : il s'agit alors d'une anaphore verticale. Si le même terme revient à intervalle régulier dans une même phrase, on parlera d'anaphore horizontale.

Exemple : " Enfin" .... "Enfin" " A une heure du matin" ( anaphore verticale) ; " Horrible vie ! Horrible ville !" ( anaphore horizontale)

ANTITHESE : opposition de deux termes ou de deux expressions de sens contraire dans une même phrase ou dans un même paragraphe. Les contrasttes sont le plus souvent symétriques.

Exemple " Les unes jeunes, qui avaient toujours été jeunes ; les autres vieilles, qui avaient toujours été vieilles" " Les dons des Fées"

ANTONOMASE : utilisation d'un nom propre pour désigner un nom commun : un Tartuffe pour nommer un hypocrite ; ou un nom commun pour désigner une personne : le Malin pour dire Satan

Exemple : " De jeunes Nérons qui étouffent dans des limites trop étroites" " Une mort héroïque"

ANTONYMES : deux mots de sens contraire mais qui appartiennent à la même catégorie grammaticale : le beau et le laid.

Exemple :

APOSTROPHE : s'adresser à quelqu'un ou à quelque chose que l'on personnifie. Le plus souvent, l'apostrophe est précédée de l'interjection " Ô".

Exemple :" Ô nuit ! Ô rafraîchissantes ténèbres ..." " Le crépuscule du soir"

ASSONANCE : répétition à intervalles réguliers de la même voyelle accentuée [a], [é],[i ]...ou de la même voyelle nasale [ an ], [ un], [ in ], [ on]

Exemple : " Une senteur infinitésimale du choix le plus exquis, à laquelle se mêle une très legère humidité, nage dans cette atmosphère, où l'esprit sommeillant est bercé par des sensations de serre chaude " " La chambre double"

ASYNDETE : juxtaposition de deux ou plusieurs termes, expressions ou propositions par suite de l'élision de la conjonction de coordination ou de subordination : il neigeait, ( mais) il ne faisait pas froid.

Exemple :" Il ne pleurait pas, ilne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas, il ne chantait aucune chanson..." " Le vieux saltimbanque"

BURLESQUE : désigne le style qui produit un contraste entre le sujet traité, sérieux, important, élevé et la manière dont il est évoquée, comique, légère.

Exemple

COMPARAISON : mise en évidende de la similitude entre deux réalités : à la différence de la métaphore, la comparaison n'identifie pas le comparé au comparant, elle souligne juste la ressemble de l'un par rapport à l'autre : " Elle est belle comme une statue antique" (  le comparant : la statue sert à évoquer la femme : "elle" ). Les outils de la comparaison sont le plus souvent : " comme", tel", semblable à "

Exemple " Partout circulait une odeur de friture comme l'encens de cette fête" " Le vieux saltimbanque"

COMPARATIF  : précise le rapport qu"entretiennent entre eux le comparant et le comparé.

d'égalité : établit un rapport d'égalité entre le comparant et le comparé : il est aussi grand que son père

" Je fus pris à l'égard de ce pauvre homme d'une haine aussi soudaine que despotique " " Le mauvais vitrier"

                    de supériorité : établit la supériorité du comparé par rapport au comparant : il est plus grand que son père

                    " Il n'est pas d'objet plus profond, plus mystérieux... qu'une fenêtre éclairée." " Les fenêtres"

                    d'infériorité : marque l'inféririté du comparé par rapport au comparant : il ets moins grand que son père.

                    " Je n'éprouvai à cette perte qu'un peu moins d'émotion que si j'avais égaré ... ma carte de visite" " Le joueur généreux"

Exemple

CHIASME : symétrie obtenue par l'inversion de l'ordre des termes dans une opposition :

        " Il faut manger pour vivre

        Et non pas vivre pour manger"

Exemple  " Ah ! Faut-il éternellement souffrir ou fuir éternellement le beau." " Le confiteor de l'artiste"

ENUMERATION : énumération successive des différentes parties d'un tout

Exemple " Partout la joie, le gain, la débauche.." " Le vieux saltimbanque"

EPIQUE : désigne le style qui magnifie les actions des personnages.

Exemple " mais ravivé par le désespoir, le vaincu se redressa et fit touler le vainqueur par terre." " Le gâteau"

EUPHEMISME : atténuation d'une idée désagréable ou choquante : " elle a vécu " pour dire qu'elle est morte.

Exemple : " Je ma sentais un peu honteux de nos verres..." " Les yeux des pauvres"

GRADATION : énumération qui progresse selon des valeurs croissantes ou décroissantes

ascendante : elle va du terme le moins fort au terme le plus fort  : elle belle, très belle, magnifique

" Je vis un pauvre saltimbanque voûté, caduc, décrépit, une ruine d'homme..." " Le vieux saltimbanque"

                            descendante : elle va du terme le plus fort au terme le moins fort : il a été odieux, méchant, désagréable.

                    " J'invoque la muse familière... pour qu'elle m'aide à chanter les bons chiens, les pauvres chiens, les chiens crottés..." " Les bons chiens"

HYPERBOLE : expression exagérée d'un sentiment ou d'une idée : " je meurs de faim "

Exemple " Une guerre fratricide" "Le gâteau"

HYPOTYPOSE : description très pittoresque, faite le plus souvent au présent qui permet de se représenter la scène ou l'objet décrit : c'est un tableau réalisé avec des mots.

Exemple La description de la maison dans laquelle le poète rêve de vivre avec la femme aimée dans " L'invitation au voyage"

INTERROGATIVE ORATOIRE ( ou rhétorique) : feint d'interpeller le lecteur ; l'auteur présent sous forme interrogative ce qu'il pense : c'est une affirmation déguisée.

Exemple " Qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé une seconde l'infini de la jouissance ? " " Le mauvais vitrier"

ISOTOPIE : ensemble de termes qui évoquent un même thème.

Exemple : Dans le début de sa dédicace, Baudelaire a recours à l'isotopie du serpent : ( serpent, queue, tête, tronçons vivantstortueuse fantaisie, ondulations)

LITOTE : dire moins pour signifier beaucoup ( c'est le contraire de l'euphémisme) . Le plus souvent, la litote emprunte la formulation négative : " je ne suis pas bien " doit être compris par " je suis au plus mal"

Exemple

LYRISME : évocation de la sensibilité, des émotions, exaltation du moi de l'auteur.

Exemple " Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m'enorgueillir un peu dans le silence et la solitude et de la nuit"

METAPHORE : désignation d'un terme par un autre terme: l'analogie entre les deux termes est telle qu'il y a identité   : la métaphore s'opère par un phénomène de substitution : il ya transfert de sens :  la femme est lionne quand elle est jalouse

Exemple : " Le scintillement des phares est un prisme merveilleux..." " Le port"

METAPHORE FILEE : la métaphore se poursuit sur plusieurs phrases.

Exemple

" Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillants de chants mélancoliques ... de navires de toutes sortes..."

" Un hémisphère dans une chevelure"

METONYMIE : désigne une réalité au moyen d'un terme qui désigne autre réalité parce qu'il y a une relation d'association entre ces deux réalités : on peut désigner le concret par l'abstrait ( et inversement) : " L'Histoire ( terme abstrait) a vu bien des civilisations disparaître ( terme concret) ; le contenant pour le contenu : " boire une verre" ; le lieu pour l'objet   : Roquefort ; la conséquence pour la cause : " aller au casse- pipe" ( mourir , la conséquence désigne ici la cause, la guerre) ; un objet physique pour une valeur morale " avoir de l'estomac" ( du courage)

Exemple : 

OXYMORE : réunir deux termes qui sont contraires dans le but de créer un paradoxe : " un illustre inconnu"

Exemple : " Les étoffes parlent une langue muette..." " La chambre double"

PATHETIQUE : capacité d'émouvoir le lecteur en agissant sur son pathos ( souffrance, passion). L'auteur choisit des expressions, des images propres à émouvoir profondément le lecteur.

Exemple  l'opposition sociale entre les deux enfants et leur commune fraternité dans le " Joujou du pauvre"

PERIPHRASE : utilisation de plusieurs termes au lieu d'un seul : La capitale de la France pour Paris.

Exemple

" Ces retraites ombreuses" pour évoquer les jardins dans " Les veuves"

PERSONNIFICATION : représentation d'abstraction, de choses ou d'animaux par des personnes.

Exemple : " Les esclaves ...du Temps.." dans " Enivrez-vous"

PROSOPOPEE : désigne une allégorie, ou un mort qui prend la parole.

Exemple :

" Il entendit une voix chuchoter sous la tombe où il était assis et cette voix disait : " Maudites soient vos cibles.... turbulents vivants" "

" Le tir et le cimetière"

REDONDANCE : répétition de la même idée sous plusieurs formes : Les plaintes , les doléances et la revendications des manifestants.

Exemple :

RYTHME binaire rythme de la phrase en deux temps

" Il avait renoncé, il avait abdiqué " " Le vieux saltimbanque"

RYTHME ternaire rythme de la phrase en trois temps.

" Les étoffes parlent une langue muette, comme les fleurs, comme les ciels, comme les soleils couchants" " La chambre double"

SUPERLATIF : système de comparaison désignant l'infériorité ou la supériorité absolue : le superlatif est toujours précédé de l'article défini : le plus grand ; le moins grand.

Exemple " Vous êtes, je crois, le plus bel exemple d'imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer..." " Les yeux des pauvres"

SYNECDOQUE : accroissement ou rétrécissement du sens d'un terme : on peut employer la partie pour le tout : les voiles pour désigner les bateaux ; le tout pour la partie : une veste de daim ( en peau de daim) ; la matière pour l'objet : un cuir ( pour désigner un pantalon en cuir)

Exemple " Tes cheveux contiennent un rêve de voiles et de mâtures..." " Un hémisphère dans une chevelure"

SYNESTHESIE : phénomène d'association par lequel des sensations différentes se correspondent, se font écho : Baudelaire dans le poème "Correspondance" des Fleurs du Mal" :

" Comme de longs échos qui de loin se confondent

Dans une ténébreuse et profonde unité,

Vaste comme la nuit et comme la clarté,

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent."

Exemple :

" Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux" 

" Un hémisphère dans une chevelure"

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