Lexique du camp
1)Termes spécifiques au camp de concentration
2) Liste des rares noms de personnes cités
1)
Bourse : système d'échange, de troc auquel se livre les détenus tenaillés par la faim ( cf chapitre 8)
Bon-prime : ticket distribué par la Buna aux bon travailleurs et en échange duquel ils peuvent obtenir du tabac.
Civil : travailleur non détenu au camp qui travaille à l'usine de caoutchouc : Lorenzo est un civil
Gros numéros : chaque détenu a un numèro tatoué sur le bras gauche, seule identification qui les individualise : plus on arrive tard au camp, plus le numéro est " gros" : ce sont en quelque sorte les " petits nouveaux". Primo Levi, avait un gros numéro : 174 517
Menaschka : espèce de grosse gamelle dans laquelle la soupe est transportée.
Mahorca : tabac de rebus, en vente au camp, contre un " bon prime"
Petits numéros : numéros portés par les plus anciens du camp : numéro inférieur à 50 000.
Sélection : classement des détenus en deux groupes : ceux qui sont encore valides et ceux qui sont trop faibles : les derniers sont condamnés à la chambre à gaz ( cf chapitre 13)
Triangle rouge : les prisonniers politiques
Triangle vert : les prisonniers de droit commun
2)
Alberto : Ami de Primo Levi, 22 ans, ingénieux, fort moralement et physiquement ; à partir du chapitre 5, ils partagent le même block ( le 45)
Alex : nom du Kapo affecté au commando de chimie : c'est un triangle vert, brutal et dédaigneux ( il essuie sa main pleine de cambouis sur l'épaule du narrateur.
Alfred L : un des quatre personnages ( avec Schepschel, Elias Lindzin, Henri) qui illustrent dans la chapitre 9 , l'absence de toute considération morale et le système de débrouillardise dont il faut faire preuve pour faire partie des " Elus" et non des "Damnés"; Alfred est un ingénieur de 50 ans, qui possédait, avant son détention, une usine chimique. il incarne le calculateur, froid et sans scrupules, qui n'avait pour but que de se détacher des autres et faire partie des "prominenten" et qui y est parvenu.
Arthur : paysan vosgien qui a rejoint le camp de la Buna à la fin ( chapitre 17) : il organisera avec Charles, et Primo, la vie de l'infirmerie après le départ des Allemands en janvier 1945.
Brackier : un des trois du laboratoire de chimie ( cf chapitre 15), le numéro 169 509, de nationalité belge.
Charles : Arrivé en même temps qu' Arthur, déporté à Buna car il était résistant, il vécut le dernier mois de la Buna. âgé de 32 ans, instituteur de son état, il devient l'ami de Primo. Aujourd'hui âgé de 89 ans, il vit dans un petit village des Vosges ; nous avons eu la chance de le rencontrer, pour la préparation de ce cours.
Elias Lindzin Un des quatre exemples donnés par le narrateur dans le chapitre 9 : juif de Varsovie, infatigable, fort et habile ; se dit âgé de 33 ans et père de 17 enfants : " c'est un voleur par nature" ; fou et inconscient, il a survécu non seulement en raison de sa force exceptionnellle mais aussi parce qu'il est " le spécimen le plus approprié au mode de vie du camp." ( p104)
Henri : un du chapitre 9 : 22 ans très intellignet, , parle plusieurs langues dont l'Allemand et le Français ; son frère est mort au camp l'hiver qui a précédé l'arrivée de Primo Levi et depuis, il s'est construit une carapace pour survivre : il a trois règles : " l'organisation, la pitié et le vol" . C'est de la pitié dont il use le mieux, capable d'émouvoir même le plus impassible, , chacun devient en face de lui " non pas un homme [...] mais un instrument" ( p107) C'est de loin le personnage que Levi excuse le moins : " Je sais qu'aujourd'hui Henri est vivant. Je donnerais beaucoup pour connaître sa vie d'homme libre, mais je ne désire pas le revoir."
Jean Samuel ( dit le Pikolo ) : étudiant alsacien, 24 ans, il occupait le poste de "livreur-commis aux écritures, préposé à l'entretien de la baraque, à la distribution des outils, au lavage des gamelles et à la comptabilité des heures de travail du Kommando" ( p 116). Très aimé par tous, il protège les Häftlinge et leur épargne des coups. Il demande à Primo Levi de lui apprendre l'Italien et c'est en lui récitant de Dante ( " le chant d'Ulysse") que Levi l'initie à sa langue maternelle. Ils devinrent de vrais amis et se sont revus régulièrement après. Il vit toujours en Alsace.
Kandek : d'origine roumaine, un des trois chimistes affecté au laboratoire à partir du chapitre 15 : il portait le numéro : 175 633
Lorenzo : Ouvrier civil italien qui travaille à la Buna, sa rencontre avec Levi fut tout à fait providentielle : d'une bonté pure sans égale, il procure pain et soupe à Primo et réussit même à écrire à sa famille et à lui donner une réponse. Personnage important qui rapelle au narrateur que l'homme, dans sa bonté et sa grandeur, existe. ( cf chapitre 12)
Nul Achtzehn connu uniquement sous ce numéro mutilé, 018 sont les trois chiffres qui correspondent à la fin de son numéro de matricule : compagnon de corvée de Levi ( cf chapitre 4), très jeune, il incarne le " damné", celui qui ne résiste plus à l'enfer du camp et qui se laisse "mourir" : il a refusé de se battre parce qu'il ne peut plus se battre : " Null Achtzen n'est plus un homme. je crois bien que lui-même a oublié son nom." ( p 44)
Pannwitz ( Doktor) c'est le responsable du laboratoire de chimie et c'est lui qui fait passer l'examen à Primo Levi et à ses compagnons. il incarne le type du parfait Aryen ; il se considère supérieur et dédaigne foidement les futurs candidats : " Tout ce que nous pensions et disions des Allemands prit forme en cet instant. Le cerveau qui commandait à ces yeux bleus et à ces mains soignées disait clairement : " Ce quelque chose que j'ai là devant moi appartient à une espèce qu'il importe sans nul doute de supprimer. Mais, dans le cas présent, il convient de s'assurer qu'il ne contient pas quelque élément utilisable" ( p 113)
Resnyk : Compagnon de couchette de Levi à partir du chapitre 6, Français d'origine polonaise, âgé de 30 ans, il avait transité à Drancy ( camp de transit situé dans la banlieu parisienne où étaient emprisonnés les juifs français, avant d'être déportés). Serviable, il refait impeccablement chaque matin " le lit", bon travailleur, fort et courageux, il aide Levi.
Schepschel : marié, cinq enfants, propriétaire d'un magasin de sellerie en Galicie ( province d'Autriche) ; pas très malin, ni très courageux, pour survivre, il se livre à des combines et il n'hésite pas à accuser un autre détenu d'un vol qu'il a commis.
Somgyi : Compagnon de la fin du récit, qui partage le pavillon des infectieux avec Levi ( Charles, Sertelet, Arthur...) chimiste hongrois âgé de 50 ans, atteint du typhus et de la scarlatine, il ne survivra pas à ses maladies et décédera le 26 janviert, un jour seulement avant la libération du camp par Les Russes. Dans son délire il ne cessait de répéter " Jawolh", agonie douloureuse et lente, il offrit sa réserve de pain à Levi. Le narrateur parle " de la chose Somogyi" , pour évoquer son cadavre qui gît sur le sol de la " chambre"...
Steinlauf " ex sergent de l'armée austro-hongroise" ( p 42) qui persuadé que le camp n'avait pour objectif que de rabaisser les hommes au rang d'animaux, tenait à Levi des discours sur l'importance de l'hygiène et du rituel de la toilette, ( même sans savon et sans serviette pour s'essuyer), pour rester un homme digne de ce nom : " Nous sommes des seclaves, certes, privés de tout droit, en butte à toutes le humiliations, voués à une mort presque certaine, mais il nous reste encore une ressource et nous devons la défendre avec acharnement parce que c'est la dernière : refuser notre consentement. Aussi est-ce pour nous un devoir envers nous-même de nous laver [...] pour rester vivants,pour ne pas commencer à mourir"