LEXIQUE DU VOCABULAIRE POÉTIQUE

Les strophes; les vers ; les rimes ; les rythmes ; les harmonies imitatives ; les figures de construction ; les figures de répétition.
les exemples donnés appartiennent aux Planches courbes

Les différentes strophes /
La strophe :
ensemble de vers développant ou un système de rimes ( A:B/A/B, A/BB/A....) et / ou une unité de sens ( à ce sujet, pour le sonnet on parlait de sizain et non pas de tercets) ; plus généralement aujourd'hui, on appelle strophe un ensemble de vers qui présentent une unité rythmique, de sens, voire syntaxique, et séparée par un blanc des autres strophes. Exemple : La voix lointaine est constitué d'une suite de 32 quatrains
La laisse :
ensemble de vers qui présentent la même assonance ( essentiellement les poèmes du Moyen-Âge, qui ne pratiquaient pas la rime) ; aujourd'hui, plus généralement on parle de laisse quand le nombre de vers( même s'ils ne sont pas construits sur la même assonance) est supérieur au découpage strophique habituel, c'est-à-dire supérieur à 13 vers, c'est pourquoi on peut parler de laisse à propos du poème, Dans le leurre des mots.
Un monostiche :
un seul vers
Un distique :
deux vers
Un tercet :
trois vers
Un quatrain :
quatre vers
Un quintil :
cinq vers
Un sizain :
six vers 
Un septain :
sept vers
Un huitain :
huit vers
Un neuvain :
neuf vers
Un dizain :
dix vers
Un onzain :
onze vers
Un douzain :
douze vers
Les différents vers

Le vers pair : nombre pair de syllabes ( 2, 4, 6, 8, 10, 12....)
Le vers impair :
nombre impair de syllabes ( 3, 5, 7, 9, 11, 13....)
Le vers simple : est une ver court qui n'a pas de césure
Le vers composé :
est un vers long (  de 8 syllabes et plus) qui a une césure
Le monosyllabe :
vers d'une syllabe
Le dissyllabe :
vers de deux syllabes
Le trisyllabe :
vers de trois syllabes
Le tétrasyllabe :
vers de quatre syllabes
Le pentasyllabe :
vers de cinq syllabes
L'hexasyllabe :
vers de six syllabes
L'heptasyllabe :
vers de sept syllabes
L'octosyllabe :
vers de huit syllabes
L'ennéasyllabe :
vers de neuf syllabes
Le décasyllabe :
vers de dix syllabes
L'endécasyllabe :
vers de onze syllabes
L'alexandrin ou le dodécasyllabe :
vers de douze syllabes
Les différentes rimes
Rime =
homophonie de la dernière voyelle accentuée et de ce qui la suit :
exemple :    
" Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
                            Les diverse beautés qui parent ta jeunesse ; "( Baudelaire, Le beau navire)
Assonance = homophonie de la dernière voyelle accentuée  :
exemple :    
" Et je l'aimais comme j'aime se son
                            Au creux duquel rajeunirait le monde
                            Ce son qui réunit quand les mots divisent,
                            Ce beau commencement quand tout finit " ( Y. Bonnefoy, La voix lointaine, III)

Rimes plates ou suivies :
AA, BB, CC...
Rimes croisées :
A / B / A / B
Rimes embrassées :
A / B / B / A
Rimes pauvres  : homophonie d'un son  : bleu / feu
Rimes suffisantes :
homophonie de deux sons : roulant / lent
Rimes riches :
homophonie de trois sons, au moins : " tes épaules grasses / étranges grâces"
Rimes masculines :
la dernière syllabe accentuée du vers n'est pas suivie d'un [e] muet : exemple : triomphant / méchant
Rimes féminines :
le vers se termine par un [e] muet : exemple : enchanteresse / jeunesse

Monorime : strophe ou poème construit sur une seule et même rime ( ces rimes sont aussi appelées léonines)
Isométrique :
strophe ou poème construite sur le même mètre : exemple  ce quatrain qui est une succession de quatre hexasyllabes
" Que ce monde demeure,
Que la feuille parfaite
ourle à jamais dans l'arbre
L'imminence du fruit !" ( Les planches courbes , page 26)
Hétérométrique : strophe ou poème construit sur plusieurs mètres : dans ce cas on dit que le poème est écrit en vers libres. Exemple la strophe V de La maison natale ( page 87) 6 + 10 + 10 + 10 + 10 + 12 + 10+10+10+10+6+10+3+12
 Les différents rythmes
Rappel : 
le [e] final d'un mot s'il est suivi d'une consonne, compte pour une syllabe, en revanche, quand il est suivi d'une autre voyelle, il ne se prononce pas, il y a élision ; le [e] muet à la fin du vers ne se prononce pas : exemple : 
" Un mêm(e) effacement,
Désirer, prendr(e),
Presque de même poids
Être, ne pas êtr(e). " (Une pierre, page 36)

La césure :
est une coupe qui divise le vers en deux parties égales appelées hémistiches : exemple : Une pierre, page 35 /
" Ils ont vécu au temps / où les mots furent pauvres" ou bien, " S'ouvrant, / à l'aube" ( page 26) . On parle de
rythme binaire : 6 + 6 ; 2 +2 ; exemple : " Le premier feu à prendre // au bas du monde mort" ( page 80)
Rythme ternaire,
par exemple le trimètre romantique : 4 + 4 + 4, exemple : " Et par la grâ/ce de ce son/ge que vit-il ?" ( Page 72)
Le tétramètre :
rythme en 4 temps : exemple : 3 + 3 + 3 +3 : exemple : " Il a pris/dans le ciel// une grap/pe trop lourde" ( Page 75)
Cadence mineure :
la coupe partage le vers en deux parties inégales : la première partie du vers est moins grande que la seconde : exemple : Cendre, comme si les collines étaient en feu" ( page 83)
Cadence majeure : 
la première partie du vers est plus longue que la seconde : exemple : " Je passai dans la véranda, la table était mise" ( page 83)
La coupe ( césure) enjambante : lorsque la césure est placée avant la syllabe finale d'un mot qui se termine par un [e] non élidé : exemple : "Avant que notre rê / ve ne nous prenne" ( 6+4)
L'enjambement : faire " déborder" une proposition dans le vers suivant : exemple :
" Là où la lampe brille, où la porte grince
En s'ouvrant davantage ; et ce rayon 
Recolore le sable où dansait une ombre,
Rentre, chuchote-t-on, rentre, il est tard." ( page 57)
Le rejet : désigne la partie de la proposition "rejetée" dans le vers suivant ( en rose)
Le contre-rejet :
désigne le début de la proposition dans le vers précédent ( en vert)

Les harmonies imitatives
L'allitération :
répétition à intervalle régulier de la même consonne : exemple, allitération en [r]
    "J'aimais sortir à l'aube. le temps dormait
     Dans les braises, le front contre la cendre." ( page 45)

L'assonance :
répétition à intervalle régulier de la même voyelle ou de la même voyelle nasale, [on], [in]... Exemple, assonance en [u]
" Nul n'a voulu, nul n'est venu ni parle
Nul n'est passé, que nous ne sûmes pas." ( page 61) ( à noter aussi dans cet exemple, l'allitération en [n]
Consonnes sonores : sont     appelées ainsi les consonnes qui font vibrer les cordes vocales : b, d, g, j, m, n, gn, ng, l, r, v, z. 
Consonnes sourdes :
sont appelées ainsi les consonnes  qui ne font vibrer les cordes vocales : c, ch, f, k, p, t.

Les principales figues de construction
L'asyndète :
juxtaposition de termes ou de propositions, élision de la coordination : exemple  page 86 : 
" [...] et je riais,
Je me penchais, je prenais dans la boue
Une brassée de branches et de feuilles,
J'en soulevais la masse.."

La parataxe :
juxtaposition de propositions en élisant la subordination, exemple : 
" Je passai dans la véranda, la table était mise,
L'eau frappait les pieds de la table, le buffet." ( page 83)

L'ellipse :
omission volontaire de certains éléments syntaxiques pour les besoins d'une expression plus condensée : exemple page 96): 
"Et je repars, et c'est sur un chemin
Qui monte et tourne, bruyères, dunes
Au-dessus d'un bruit encore visible, avec parfois
Le bien furtif du chardon bleu des sables" ( =le bruit bien furtif du chardon des sables)
L'hyperbate : dislocation de l'ordre des mots dans une phrase : exemple :
" C'était de ces reflets que, parfois, un visage
Se dégageait, riant, d'une douceur
De plus et autrement que ce qu'est le monde" ( page 84)

les principales figures de répétition
L'anaphore verticale :
reprise en début de vers du même mot : exemple page 61 :
" Elle chantait, comme parlant :
Qui a tiré sa barque sur la rive,
Qui a posé sa rame sur le sable,
Qui est passé, que nous ne savons pas ?

Qui d'un pied nu aura laissé l'empreinte,
Qui a rendu iridescente l'eau,
Qui préservera la braise sous la cendre,
Qui dessina ce visage d'enfant ?"

L'anaphore horizontale :
reprise à l'intérieur du vers du même mot : exemple page 57 : " Là la lampe brille, la porte grince." ; " Beauté, suffisante beauté, beauté ultime" ( page 74)