Antique.gif (343 octets)   PRINCIPAUX PERSONNAGES    Antique.gif (343 octets)

   OEDIPE                    LE CORYPHEE       

    JOCASTE               LE CHOEUR

   CREON                   LE MESSAGER

   TIRESIAS                LE PÂTRE

L'évolution du schéma actanciel au cours de la pièce est éloquent quant à la mise en place de la solitude du héros.

DESTINATEUR                                                      DESTINATAIRE

La cité en danger                                                 Le bonheur de la cité

                                    SUJET / Oedipe

                                    OBJET : le coupable

OPPOSANTS                                                         ADJUVANTS

Au Départ : AUCUN                                                 TOUS

MAIS, à partir du moment où Tirésias entre en scène, et où Jocaste va être au courant des inquiétudes d'Oedipe, la situation va évoluer : Tirésias et Jocaste vont se mettre dans le camp des opposants : Tirésias parce qu'il ne veut pas parler, Jocaste parce qu'elle a peur de la poursuite de l'enquête.

DE PLUS, dés que le messager puis le pâtre entrent en scène, Oedipe se retouve seul : les personnages ont participé malgré eux à cette situation finale : Le sujet et l'objet de la quête sont une seule et même personne, pour le bonheur de la cité, il doit être exclu.

DESTINATEUR                                                 DESTINATAIRE

le malheur de la cité                                          Le bonheur de la cité

La fatalité                                                          La liberté                                                         

                                    SUJET : Oedipe

                                    OBJET : Oedipe

Les notions d'adjuvant et d'opposant s'annulent en ce sens qu'il ne s'agit plus d'aider Oedipe dans sa quête, mais de le laisser s'imposer le châtiment qu'il avait annoncé pour le coupable.

           fleche.gif (94 octets)  OEDIPE

              Attache.gif (202 octets)  un personnage ambivalent aux rôles multiples

                            LE ROI : c'est à ce titre qu'Oedipe entre en scène et qu'il est sollicité dés le prologue par le vieillard, porte-parole du peuple. Roi admiré par ses sujets, sauveur de Thèbes qui a su résoudre l'énigme du sphinx, Oedipe est un héros dont le peuple attend tout de lui. Bienveillant, il est attentif aux plaintes de la cité, prévoyant, il a devancé la requête qui lui est présentée puisqu'il a envoyé Créon consulter l'oracle de Delplhes pour savoir ce qu'il fallait faire pour éradiquer la peste qui ravage Thèbes : " J'ai délégué Créon, mon beau-frère, auprès d'Apollon pythien, je l'ai chargé de s'enquérir des actes ou des paroles par lesquels je sauverais la cité." De la même façon, il fera appeler Tirésias avant que le coryphée ne le lui demande. C'est un bon roi qui souffre des malheurs de son peuple et qui se donne comme seul objectif celui de ramener la paix et le bonheur à Thèbes : " [...] votre douleur à chacun n'atteint que lui-même, lui seul, et s'arrête là. Mais moi, mon coeur gémit sur la cité, et sur vous et sur moi-même tout ensemble."Pour le bien de la cité il accepte de recevoir des conseils du coryphée, de Créon : c'est Créon qui lui propose de consulter Tirésias pour démêler l'énigme du meurtre de Laïos. Au début du premier épisode, il demande au peuple de l'aider dans ses investigations : " Mes investigations ne méneraient pas loin, si j'étais seul, sans rien avoir sur quoi tabler, [...] C'est donc à vous... que j'adresse les proclamations que voici. [...] C'est vous que je charge de donner plein effet à mes paroles..." Même au plus fort de sa colère contre Créon, il acceptera de se laisser fléchir par Jocaste. C'est le roi qui d'un ton ferme et sans équivoque déclare ouverte la chasse au coupable : "Eh bien, moi, je remonterai aux racines ! Là aussi je ferai la lumière ! [...] J'irai jusqu'au bout." Très solennel, il s'adresse aux Thébains au début du premier épisode, les exhorte à l'écouter et à lui obéir. Les impératifs, traduisent son autorité et il n'hésite pas à les menacer s'il manquait de suivre les ordres de leur roi : " Mais si vous vous taisez, si terrifié l'on cherche pour un ami ou pour soi-même une échappatoire à mon ordre, voici quelle suite je donnerai. [...] : le châtiment initialement prévu pour le coupable : " seulement quitter ce sol sans être inquiété", sera beaucoup plus sévère : " une vie déshéritée, qu'il usera misérablement, le misérable, jusqu'à son dernier fil." Par ailleurs, ceux qui refuseraient de faire preuve de civisme en ne dénonçant  pas le coupable : " veuillent les dieux ne pas laisser mûrir de moissons sur leurs champs, ni d'enfants dans le sein de leurs femmes, et les jeter en pâture au fléau qui nous dévore ou pire encore." Oedipe incarne donc l'autorité, la justice, le respect de l'oracle et des dieux, le dévouement pour le bien-être de la cité. Aimé il sait aussi se faire craindre.

            Attache.gif (202 octets) Mais quel roi est Oedipe ? Le titre de la pièce de Sophocle est : Oidipous tyrannos", improprement traduit par "Oedipe-roi" puisque le "tyrannos" désignait le roi illégitime. Il rappelle au début du premier épisode ses origines étrangères : " [...] votre cité ne m'a reçu pour citoyen qu'après cette affaire" ( c'est-à dire après la mort de Laïos) , dés lors Oedipe n'est pas le roi légitime, le basileus, mais le roi illégitime, le turannos, c'est-à-dire celui qui a accédé au pouvoir grâce à des circonstances favorables. De fait, c'est parce qu'il a résolu l'énigme du sphinx qu'il a eu en récompense la main de Jocaste et le trône resté vacant depuis la mort de Laïos. Pour Autant, il est le roi légitime selon les lois de l'hérédité puisqu'il est le fils unique de Laïos.  Certes Oedipe et tous l'ignorent à ce stade de la pièce, mais cette ambiguïté permet de lire autrement la tragédie : c'est une tragédie qui se déroule dans le cercle fermé de la famille et l'étranger sauveur de Thèbes, celui qui a ramené l'ordre et l'harmonie est le fils qui vient semer la terreur et le désordre. ce renversement de situation ajoute à la monstruosité de la situation : le basileus est le pharmakos, celui qu'il faut expulser pour purifier la cité de la souillure et  que vive le pays.

                            LE PERE : Oedipe, c'set le père de ses quatre enfants, Antigone, Ismène, Etéocle et Polynice. Conscient de la monstruosité de leur naissance, il se lamente à la fin de la pièce du déplorable avenir qu'il leur offre. Si ses craintes pour ses fils sont moindres : " [...] les garçons, Créon, ne te mets pas en souci pour eux. Ce sont des hommes, ils ne seront jamais à court, où qu'ils soient, pour avoir de quoi vivre." et c'est surtout pour ses filles qu'il s'inquiète; il craint qu'elles ne subissent trop les conséquences de la faute de leur père et qu'elles doivent assumer la honte que leur a imposée leur naissance : " [...] Et quand vous serez en saison de vous marier, quel sera donc ... oui, qui voudra se risquer, mes enfants, à prendre en charge de telles hontes ? [...] Personne n'y consentira, mes enfants ! c'est trop clair : vous dessécher et dépérir sans épousailles, voilà ce qui vous attend." Père monstrueux mais père aimant, sentir ses deux filles à ses côtés, sera sa dernière joie.

                            LE FILS : le problème qui se pose dans cette pièce est : De qui suis-je le fils ? A partir du moment où Oedipe apprend que Polybe et Mérope étaient ses parents adoptifs, il n'aura de cesse de savoir qui sont ses parents. La quête de son identité devient dés lors le but principal d'Oedipe. Outre la douleur de découvrir qu'il n'est pas le fils qu'il croyait être, c'est remettre en cause tous ses agissements : il avait fui Corinthe pour que l'oracle ne se réalise pas c'était inutile ; Oedipe prend conscience que tout ce qu'il a cru faire en toute connaissance de cause ne reposait en fait que sur un mensonge ou du moins sur une fausse vérité. Oedipe, le fils qui ne devait pas vivre, qui survécut malgré lui, devient le fils maudit. Avant même que de mettre un nom sur son père et sa mère, il les juge sévérement : " cet indigne traitement me fut infligé dés le berceau ! ", " qui m'avait fait cela ? ma mère ? mon père". Pourtant, au cours du premier épisode il avait fait l'éloge de Laïos en qui il voyait "un homme si excellent" A la fin du troisième épisode, il résume parfaitement sa situation : " je suis né de ceux dont c'était un crime de naître." la faute originelle est bien celle de la vie donnée malgré tout.

                            L'HOMME : il peut sembler paradoxal de parler d'un homme alors qu'Oedipe n'est qu'un personnage de théâtre, mais l'on peut considérer qu'Oedipe est la représentation symbolique de la condition humaine. Physiquement, nous n'avons qu'une seule indication, " ses pieds enflés", détail important qui permet de l'identifier. Moralement Oedipe est beaucoup plus transparent. A travers ses attitudes, on peut dresser son portrait : nous avons signalé précédemment les caractéristiques du roi et du père. Mais c'est à travers ses relations conflictuelles avec Tirésias et Créon qu'il est le plus lisible. En effet, Oedipe se révèle être coléreux, il s'emporte facilement et se laisse dominer par sa fureur. Il est incapable de se maîtriser et non seulement il injurie mais encore il accuse effrontément sans preuves. Il entre en conflit avec les principaux protagonistes et ce n'est qu'à la fin de la pièce qu'il reconnaîtra ses torts : " Ma conduite envers lui ( Créon) tout à l'heure s'est révélée pleinement odieuse." En fait, Oedipe ne supporte pas d'être remis en cause. Lorsque Tirésias, contraint , accepte de parler, Oedipe ne supporte pas la vérité. Il est incapable à ce moment prècis de se remettre en cause et de se considérer comme un assassin, lui qui ne cesse de répéter qu'il est puissant. Son image de héros quasi surhumain, ne peut supporter d'être altérée. C'est pour cette raison qu'il s'enferme dans une attitude obstinée, ne pouvant pour se défendre ne faire preuve que de mauvaise foi. C'est une marque de sa faiblesse, qu'il ne veut pas admettre, qui le pousse à nier les évidences et à continuer de croire en des leurres de vérité. Orgueilleux, il l'est sans mesure. dans ses discours, on peut constater une hypertrophie du moi et de sa formule redondante, "moi seul" : " [...] je viens en personne, moi, dont la gloire et le nom sont dans toutes le bouches, Oedipe", c'est sans aucune modestie qu'il se présente ainsi au spectateur dés son entrée en scène. Le choeur interpellera le public au sujet de sa démesure : " Démesure fait germer la tyrannie !...", Créon le lui rappellera en dernière instance à la fin de la pièce : " Ne prétends pas toujours être le maître..." Oedipe est sûr de lui et rien ne semble être en mesure d'ébranler ses certitudes. Il est sûr de réussir là où Créon a échoué : "  [...) moi je remonterai aux racines ! Là aussi je ferai la lumière"  ; " je ne reculerai devant rien." Il faut attendre le dénouement de la pièce pour voir Oedipe accéder aux limites de ses pouvoirs. Il prend alors conscience de sa vaine ambition et reconnaît être victime de son hybris. Oedipe représente les limites de l'homme, aussi grand soit-il, il ne peut pas tout savoir ni tout comprendre, le destin limite la liberté de l'homme et il doit s'y soumettre. De plus, l'homme ne peut être le seul maître de lui-même, sa liberté est limitée, comme le sont ses actes, chaque homme est contraint de subir un pouvoir qui le dépasse. A vouloir détourner les foudres des dieux, Oedipe s'est précipité dans l'impasse qui le ferait tomber.

               Attache.gif (202 octets)  Un bouc émissaire : Oedipe n'est pas celui par qui le malheur arrive, mais celui dont se sert le destin pour achever d'accomplir la malédiction divine. Il est une victime d'un passé dont il n'est pas responsable et il n'a commis d'autres erreurs que vouloir déjouer l'oracle et de savoir qui il était. La faute originelle incombe à son père Laîos, puis au pâtre qui a eu pitié de l'enfant et qui l'a remis au berger de Corinthe, ses parents adoptifs sont coupables d'avoir tu la vérité quant à ses origines. Lui-même accuse le berger qui n'a pas exécuté les ordres qui lui avaient été donnés de supprimer l'enfant : "Ah ! maudit soit-il, ce berger errant / qui a délivré mes pieds de l'entrave / d'un garrot barbare ! Il m'a préservé de mourir, je lui dois la vie : /mais le geste qu'il a fait là, / ne fut pour moi que cruauté."Oedipe est victime de plusieurs circonstances qui loin de lui être favorables se sont retournées contre lui. On peut considérer que toute l'histoire d'Oedipe est construite sur une ironie tragique à répétition. Il est devenu l'instrument des dieux pour punir son père, il est le relais du destin.

              

                Attache.gif (202 octets) Un personnage tragique : la fatalité domine cette pièce et les personnages : fatalité familiale, fatalité divine, déterminent Oedipe dans ses pensées et dans ses actions. Il est incapable de lutter contre le destin qui s'acharne contre lui. Le tragique de la situation engendre une ambivalence du personnage : sauveur et souilleur de la cité, vénéré et rejeté, clairvoyant et aveugle, actant et passif, coupable et innocent, enquêteur et coupable, fils et mari, père et frère, héros et banni, heureux et malheureux,sont autant d'antithèses pour dire tout le tragique de la conscience d'Oedipe. Il est un monstre qui inspire la crainte mais aussi une victime qui éveille la pitié. Son parcours est couvert d'obstacles qu'il lui faut surmonter, sans que pour autant il parvienne à retrouver la quiétude. Plus il progresse, plus il s'enfonce dans son malheur.

               

               

       fleche.gif (94 octets) JOCASTE Veuve de Laïos, femme d'Oedipe, mère d'Antigone, Ismène, Etéocle et Polynice, reine de Thèbes, c'est un personnage qui ne remplit aucune de ces fonctions en particulier dans la pièce : Jocaste, qui n'intervient qu'au milieu du deuxième épisode et qui quitte définitivement la scène au milieu de l'épisode III, après être restée présente pendant cinq mouvements scéniques consécutifs, est l'instrument par lequel Oedipe va passer de la certitude au doute et du doute à une certitude nouvelle.

            Attache.gif (202 octets) Jocaste intervient d'abord pour séparer Oedipe et Créon qui se querellent. Son ton est autoritaire et témoigne de l'influence qu'elle peut exercer sur son mari et son frère : à Oedipe : " Allons, rentre au palais", à Créon : " Et toi Créon, chez toi". Puis elle se veut conciliatrice et intercède auprès d'Oedipe en faveur de Créon qui clame son innocence : "Laisse-toi convaincre". Mais ne comprenant pas les raisons d'une telle fureur, elle veut savoir et dés lors, se met en marche le processus qui va permettre à la vérité d'éclater.

            Attache.gif (202 octets) Jocaste et l'ironie tragique : Alors qu'elle essaie de tout tenter pour dissiper les craintes d'Oedipe, elle l'inquiète de plus en plus. Ses paroles sont détournées de leur sens. Elle minimise dans un premier temps l'accusation de Tirésias et se montre même désinvolte à l'égard du crime de son mari : " Voilà donc ce qui te tourmentes ? Eh bien, n'y pense plus." et pour achever de le convaincre elle lui raconte comment aurait dû périr Laïos. A ce moment, au lieu de rassurer définitivement Oedipe, elle le trouble : " Qu'as-tu dit ? Quel désarroi, femme, tu viens de jeter dans mon âme." Dés lors, chaque partie de son discours entraîne une nouvelle question de la part d'Oedipe : Où ? ; Quand ?. Chaque nouvelle question la désarme de plus en plus : " Qu'est-ce qui te préoccupe ?" devient une question récurrente dans ce tête à tête entre le mari et la femme. Maintenant, c'est elle qui veut savoir et Oedipe raconte son histoire. Elle ne remarque aucune coïncidence entre son récit et celui d'Oedipe, la seule chose qui importe c'est le problème du pluriel ou du singulier : " un ou plusieurs, cela ne saurait revenir au même."Toujours aussi sûre d'elle Jocaste devance les défaut de mémoire du pâtre : " Même s'il s'écarte un peu de son premier récit, cela ne suffirait pas" : ce qui pour elle est un détail est au contraire d'une importance capitale pour Oedipe : le couple ne parle plus le même langage et ne partage plus les mêmes émotions. Certes tous deux ont peur, mais les motifs de la crainte sont différents : Jocaste ne veut pas en savoir davantage, Oedipe veut en savoir plus.

                Attache.gif (202 octets) Jocaste et les oracles : pour Jocaste, les oracles ne sont pas crédibles, parce qu'ils relèvent des hommes et que leur parole n'est pas infaillible : " Personne ici-bas, vois-tu, n'as le secret de la divination" .  Tirésias, pas plus que la Pythie n'ont le pouvoir de dévoiler le destin de l'homme. Elle apporte la preuve de ce qu'elle dit en racontant la mort de Laïos et déclare : " Rien de ce qu'avait dit Apollon n'est arrivé" Par un raisonnement logique implaccable elle achève de se donner raison : Laïos devait mourir des mains de son fils, or son fils "avait péri bien avant lui" donc les oracles sont faux. Mais la logique humaine n'est pas celle des Dieux et l'erreur de Jocaste est de fonder son raisonnement sur des suppositions ou du moins sur des incertitudes, ce qui fait de ce syllogisme un sophisme. Elle fait la même erreur lorsqu'elle apprend que Polybe est mort de mort naturelle : Oedipe devait tuer son père, Or Polybe est mort de vieillesse, donc Oedipe ne peut être le meurtrier de son père et les oracles sont faux. Pour autant, on ne peut accuser Jocaste de responsablité dans ses erreurs car elle ne possède que des éléments faux : elle croit que Polybe est le père d'Oedipe et donc en aucun cas il ne peut être le fils de Laïos. Comme Oedipe, elle est le jouet des dieux.

        Toutefois une ambiguïté demeure : lorsque le pâtre raconte à Oedipe ses origines, il précise bien que Jocaste lui a remis l'enfant pour le tuer afin que l'oracle de Delphes ne se réalise pas.

        Sa négation des oracles n'implique pas pour autant une négation du pouvoir des Dieux. Au contraire Jocaste croit en l'omnipotence divine, elle le rappelle à Oedipe : " Quand on est homme, on est sous la main du destin, on ne peut rien prévoir exactement" Jocaste reconnaît les limites de l'homme et la toute puissance du destin. De fait ses propos  s'adressent aussi à elle, mais, ironie tragique oblige, elle ne le sait pas. Elle précise même que les Dieux n'ont pas besoin d'intermédiaire pour se faire comprendre : " [...] quand c'est vraiment un dieu qui juge bon d'exiger quelque chose, il ne sera pas embarrassé de le faire voir lui-même". D'ailleurs elle invoque très souvent les Dieux dans ses répliques : " Au nom des dieux, Oedipe, laisse-toi convaincre à ce cri, par égard avant tout pour ce serment fait à la face des dieux..."  Consciente des limites de son pouvoir sur Oedipe, elle va implorer Apollon pour qu'il  lui accorde le calme : " mes objurgations sont vaines. C'est donc toi, Apollon, ... que je viens supplier : reçois mes offrandes, délivre-nous, chasse tous ces miasmes..."

            Attache.gif (202 octets) Jocaste et le double langage : tout au long de ses répliques, Joacaste utilise un langage qui dépasse ses intentions. On peut là aussi voir un effet de l'ironie tragique. Sans s'en rendre compte elle donne des indices qui permettent d'entrevoir la vérité : la précision du lieu où fut tué Laïos, le moment "peu avant ton accession au pouvoir chez nous" ; la ressemblance physique de Laïos et d'Oedipe : " il avait à peu près ton aspect" ; le moment où le pâtre a quitté Thèbes : " Dés son retour, quand il vit que c'était toi qui étais au pouvoir après la mort de Laïos, il me supplia avec instance de l'envoyer à la campagne... il voulait que la ville fût le plus loin possible de ses regards.". Par ailleurs, dés son entrée sur scène elle minimise la querelle entre Oedipe et Créon en disant : "N'allez pas grossir en tragédie un grief sans importance" ; devant la crainte de l'inceste elle dit : " Ne t'effraies pas à l'idée d'épouser ta mère : on a souvent vu, ici-bas, des gens partager, en rêve, le lit maternel. Il suffit de ne pas faire cas de ces choses-là...", mais le rêve est devenu réalité et c'est ce qui fait toute la différence. Elle va même jusqu'à condamner le parricide : " [...] Laïos n'a pas eu l'horrible sort qui l'épouvantait, de mourir par la main de son enfant."

                     

            Attache.gif (202 octets) Jocaste, une épouse aimante : si Jocaste ne veut pas inquiéter Oedipe et si elle insiste pour qu'il renonce à aller plus avant dans ses investigations, c'est parce qu'elle aime Oedipe. elle ne veut pas lui déplaire et accepte, malgré elle, de faire venir le pâtre, seul survivant de "l'accident" qui a coûté la vie à Laïos et à ses serviteurs : " Je me garderais de rien faire qui te déplaise". C'est parce qu'elle est inquiète pour Oedipe qu'elle va supplier Apollon au début du troisième épisode de ramener Oedipe au calme. elle admire son mari et use d'une métaphore très élogieuse pour le nommer : " pilote de notre navire". C'est parce qu'elle croit avoir enfin la preuve ultime pour rassurer Oedipe qu'elle se réjouit de la mort de Polybe.

               Attache.gif (202 octets) Jocaste, une femme qui souffre : au fur et à mesure que progresse les interrogations d'Oedipe et son acharnement à vouloir en savoir toujours plus, Jocaste se laisse de plus en plus envahir par la peur au point que l'on peut se demander si ce n'est pas d'abord elle qu'elle tente de rassurer en s'enfermant dans ses convictions non fondées : "Ce qu'il a dit, effaces-en résolument jusqu'au souvenir : cela n'a pas de sens"; n'est-ce pas elle qui a peur du passé et qui veut se réfugier dans un présent précaire sous le signe de l'oubli ?  Sitôt qu'elle se rend compte de la vérité, elle tente en vain de convaincre Oedipe de ne pas aller plus avant dans ses recherches, elle le supplie à plusieurs reprises : " Non, pour l'amour des dieux, si tu as quelque souci de ta propre vie , renonce à cette enquête. c'est assez de tourment pour moi" ; " Malheureux ! Puisses-tu ne jamais apprendre qui tu es !" ; "Hélas ! Infortuné ! Oui, c'est le seul nom que je puisse te donner. Un autre ? Jamais plus !"Jocaste se retire sur ces paroles amères qui disent toute l'horreur de la situation et toute sa douleur de femme qui se voit déposséder de son mari et de son fils.

                Attache.gif (202 octets) Jocaste pour un bonheur simple : l'obstination dont fait preuve Jocaste pour essayer de nier les évidences s'explique en partie par sa conception du bonheur. Elle croit en un bonheur simple et pense qu'il ne faut pas essayer de savoir sous peine de se découvrir malheureux. Elle affirme que : "la vie, c'est facile à porter" ; " le mieux c'est de prendre la vie comme elle vient autant qu'on le peut". Elle fait preuve d'un opportunisme certain et d'un épicurisme qui correspond assez peu à la situation présente. Vivre le présent, sans souci du passé et de l'avenir, telle est bien sa philosophie qui est en totale contradiction avec celle d'Oedipe qui essaie de reconstituer son passé pour expliquer son présent et qui avant d'arriver à Thèbes avait eu pour seul souci son avenir.

        fleche.gif (94 octets) CREON Envoyé par Oedipe consulter l'oracle de Delphes pour connaître les raisons de la colère des dieux ( la peste est une punition divine dans l'antiquité) il fait une entrée triomphale dans la pièce au cours du prologue : il est porteur de bonnes nouvelles. Ici encore sonne le glas de l'ironie tragique : ce qui est reconnu comme la seule façon de sauver thèbes, est en fait ce qui perdra Oedipe. Punir les assassins de Laïos, voilà la tâche qui incombe au roi de Thèbes. Oedipe déplore que Créon n'ait pas fait cette enquête au temps de la nouvelle de la mort de Laïos et l'excuse du Sphinx est pour lui une fausse excuse.

               Attache.gif (202 octets) Créon réapparaît seulement dans le deuxième épisode. on doit supposer que dans l'intertexte, entre la fin de l'épisode I et le début de l'épisode II, Créon ait été mis au courant des accusations d'Oedipe par Tirésias, puisqu'il prend le peuple à témoin dés son entrée sur scène : " Citoyens ! j'apprends que de terribles accusations sont lancées contre moi par Oedipe..." Un long mouvement scénique va opposer les deux personnages : Créon est sincère quand il se présente comme victime des mensonges d'Oedipe, pourtant il est contraint de se disculper d'une faute qu'il n'a pas commise, tant Oedipe fait preuve de mauvaise foi. Aux arguments non fondés Créon va opposer, mais en vain des arguments solides : il avoue ne pas être intéressé par le pouvoir, il veut garder sa place avec tous ses avantages et non devenir roi : c'est une tâche trop lourde et trop contraignante pour lui : " [...° j'aspire moins à être roi qu'à vivre en roi. [...] Si je régnais, il y a bien des choses, oui, que je ferais contre mon gré. [...]" Par ailleurs, il est aimé de tous et il ne veut pas prendre le risque de faire des inimitiés : " Aujourd'hui, je suis bienvenu de tous, aujourd'hui, tout le monde me cajole [...] Et j'irais lâcher la proie pour l'ombre ? Un calcul perfide dans ces conditions serait un calcul absurde" or Créon est un homme raisonnble, donc il n'a que faire de la royauté. C'est un personnage bien installé dans ses certitudes et dans son "confort", le contraire d'un ambitieux et d'un héros.

                Attache.gif (202 octets) Sûr de lui, il ne craint pas de mettre sa vie en jeu s'il s'avèrait qu'il avait menti. Sage, il incite Oedipe à La prudence et l'invite à ne pas juger sans preuves : " Ne t'hypnotise pas sur un vague soupçon pour m'accuser." Calme, il ne perd pas son sang froid et ose affronter Oedipe en lui montrant ses erreurs : " Tu n'as pas de bon sens." ;  Il rappelle ses droits sur Thèbes : " Moi aussi j'ai ma place à Thèbes""; il n'hésite pas à faire remarquer à Oedipe qu'un roi doit être juste et qu'il n'a plus sa place s'il est " un mauvais maître". Soumis, il obéit à son roi, et c'est sans aucune rancune qu'il vient à la rencontre d'Oedipe à la fin de la pièce.

                Attache.gif (202 octets) Banni par Oedipe, ayant échappé à la mort grâce à l'intervention de Jocaste, il ne réapparaît que dans l'exodos, après la mort de Jocaste et la mutilation d'Oedipe. Il intervient au nom de la décence : il ne veut pas que la ville soit témoin des lamentations d'Oedipe. Le malheur ne doit pas dépasser les limites de la famille : " C'est à la famille seule qu'il sied vraiment de voir et d'entendre, sans que ce soit une profanation, les atrocités de famille."Créon nous apparaît aussi dans toute sa faiblesse : ce n'est pas un homme de décision et il refuse de faire quoique ce soit sans l'avis des Dieux : " il vaut mieux s'informer sur la conduite à tenir." Mais on peut s'interroger sur cette attitude et considérer que Créon est un anti-Oedipe en ce sens qu'il s'en remet pour toutes choses aux dieux. L'homme ne doit pas être présomptueux et faire acte de liberté, c'est ce qu'il rappelle à Oedipe dans sa dernière réplique : " Ne prétends pas toujurs être le maître, car ce que ta maîtrise t'a pu valoir ne t'aura pas servi toute ta vie."Leçon de sagesse et d'humilité qu'Oedipe peut désormais entendre.

                Attache.gif (202 octets) Enfin, Créon devient l'éxécuteur testamentaire d'Oedipe : il lui confie le soin de la sépulture de Jocaste, il lui confie ses filles pour qu'il leur tienne lieu de père. La douleur du père émeut Créon qui fait entrer Antigone et Ismène pour lui apporter un peu de joie. De fait, on le retrouvera dans Antigone, jouant le rôle de père et de roi, pour son plus grand malheur.

               

        fleche.gif (94 octets) TIRESIAS : selon le Coryphée, il est " ce devin qu'habite le dieu, l'homme qui nourrit en son sein, comme nul autre, la vérité" ; selon Oedipe, c'est l'homme de la situation et il l'a fait chercher pour être éclairé sur la conduite à tenir dans la recherche du meurtrier de Laïos. il lui rend hommage dés son arrivée et reconnaît sa grandeur et sa clairvoyance : " Ô, toi, qui pénètres tous les secrets, ceux qui sont incommunicables et ceux qui sont indicibles, ceux qui se cachent aux cieux et ceux qui rampent sur la terre, tu as beau être sans regard, tu es éclairé sur la mal qui hante notre cité", puis il s'en remet à lui pour l'avenir de Thèbes : " Nous sommes entre tes mains". Indubitablement Tirésias est reconnu comme le seul capable de pouvoir démasquer le coupable.

                Attache.gif (202 octets) Mal à l'aise, Tirésias se plaint d'abord de son état et regrette d'avoir répondu à l'appel d'Oedipe : " Hélas ! Quel terrible don que la clairvoyance... ! Je n'aurais pas dû venir." Puis il refuse de parler pour le bien de tous, laissant ainsi supposer que sa parole est dérangeante : il laisse deviner le malheur : " sinistre" ; " ce qui pèse sur toi" ; " bourreau" ; "les choses adviendront bien seules", sont autant de signes qui annoncent un futur tragique et qui justifient sa détermination à se taire, malgré les insistances et les injures d'Oedipe. Ce n'est que parce qu'il est victime d'une accusation ignominieuse qu'il consent à parler, sans détour, cette fois : "Le sacrilège vivant qui souille cette terre, c'est toi" A quatre reprise il redira cette sentence mais plus il répète la vérité, plus Oedipe s'en éloigne et taxe de délire et de mensonge les propos du vieillard. Ce qui aurait dû provoquer un coup de théâtre passe pour une supercherie. C'est pour Oedipe un rendez-vous manqué avec lui-même, d'autant que Tirésias l'interpelle sur ses origines : " sais-tu de qui tu es le fils ?"De plus, Tirésias très précisément lui décline son passé et son avenir par deux fois, sans aucune ambiguïté avant de quitter la scène : " En vérité je te le dis, cet homme que tu cherches depuis quelque temps [...), cet homme est ici. Il passe pour un étranger, un immigré, mais son origine se révélera : il est authentiquement thébain [...] il sera aveugle, lui dont les yeux sont ouverts ; il mendiera, lui qui est dans l'opulence ; vers le sol étranger, tâtonnant devant lui avec son bâton, il ira cheminant. ( Tirésias prédit ce qui se passera dans Oedipe à Colone) On découvrira qu'il a près de lui des enfants dont il est tout ensemble le frère et le père ; que la femme dont il est né, lui, le fils, il est aussi l'époux ; qu'il a ensemencé le même sillon que son père ; et qu'il est son meurtrier"

                Attache.gif (202 octets) Cette tirade clôt le premier épisode et dés lors la suite de la pièce ne sera que la recherche de cette vérité qui vient d'être révélée. Compte à rebours d'une vérité déjà connue, telle pourrait être le titrre de la suite de cette pièce. Le spectateur n'a plus rien à découvrir, seuls les personnages ont à apprendre quelque chose au cours des épisodes suivants. Cocteau, dans La machine infernale, en faisant annoncer par la voix, avant le début de la pièce , tout ce qui va arriver : " [...] Regarde spectateur, remonté à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d'une vie humaine, une des plus perfaites machines construites par les dieux infernaux pour l'anéantissement mathématique d'un mortel", n'a pas inventé la rupture de l'illusion théâtrale. Il ne fait que reprendre le procédé mis en place par Sophocle. ( A ce sujet on peut aussi évoquer la définition de la tragédie selon Anouilh dans Antigone : " C'est propre, la tragédie. C'est reposant, c'est sûr. [...] c'est reposant parce qu'on sait qu'il n'y a pas d'espoir, le sale espoir ; qu'on est enfin pris comme un rat avec tout le ciel sur son dos...")

                Tirésias savait pourquoi il ne voulait pas parler : se taire, ce n'est pas mentir, c'est juste vouloir préserver un reste de bonheur, en ce sens, il rejoint un peu l'attitude de Jocaste.

        fleche.gif (94 octets) LE CORYPHEE : chef du choeur, le coryphée est un personnage à part entière qui se démarque de l'ensemble des choreutes et qui intervient dans les dialogues à l'intérieur des différents épisodes. Sa présence est rès importante au cours de la pièce. En effet, il est présent dans chaque épisode ( il est tout à fait logiquement absent du prologue puisque le choeur n'a pas encore fait son entrée) et prend en charge quelques trente et une répliques. Il s'exprime à la première personne. Ses rôles sont différents selon les circonstances de la pièce.

                Attache.gif (202 octets) D'abord il joue le rôle d'un informateur : au début du deuxième épisode il fait part à Créon de la colère d'Oedipe : " c'est vrai, il s'en est pris à toi."; par ses questions, il fait progresser le récit du valet d'Oedipe qui vient rendre compte de la fin tragique de Jocaste et de la mutilation d'Oedipe : " La malheureuse ! Et d'où est venu le coup ?" ; " Et, à présent, l'infortuné a-t-il un peu de répit dans son tourment ?" ; il annonce l'entrée des personnages comme dans le deuxième épisode : " [...] Voyez, justement j'aperçois Jocaste qui sort du palais..." Mais au delà de ces rôles "techniques", il prend véritablement part à l'action.

                Attache.gif (202 octets) Il conseille Oedipe : c'est lui qui suggère de faire appel à Tirésias,il donne son avis sur ses qualités de devin : " il débrouillerait tout", il modère les élans de fureur d'Oedipe et plusiers fois il le rappelle à l'ordre et à la prudence : " Consens par bon vouloir et par saine raison , Sire, je t'en supplie"; " l'ami si hautement juré, épargne-lui d'être jamais l'objet, pour un obscur soupçon, d'un grief qui le déshonore !"; il rappelle à Oedipe ses devoirs de roi : " C'est par toi qu'il a retrouvé droite route et bon vent, mon pays bien-aimé, accablé et désamapré ! Aujourd'hui encor, si tu peux, reste à la barre et sauve-le ! ", il plaint Oedipe de tous ses malheurs et ne comprend son geste : " Mieux valait pour toi n'être plus, que de survivre aveugle !". Enfin, c'est lui qui conclut la pièce et donne une portée didactique à sa dernière adresse au peuple. Il incite le peuple à la sagesse et à la prudence et surtout il le met en garde contre le leurre du bonheur humain : " [...] Il faut donc ici-bas attendre, pour juger, la suprême journée, et se garder de croire au bonheur de nul homme avant qu'il n'ait franchi le terme de sa vie sans que l'affliction l'ait saisi sous sa griffe ! " Ainsi, que l'exemple d'Oedipe serve d'exemple aux spectateurs.

        fleche.gif (94 octets) LE CHOEUR intervient essentiellement entre chaque épisode, dans les stasisma. A deux reprises seulement il intervient au cours d'un épisode, ces interventions s'appellent " kommoï": dans le troisième épisode, après qu'Oedipe a dit sa volonté de connaître l'origine de sa naissance, le choeur chante et danse ( hyporchème) en reprenant les interrogations d'Oedipe et dans l'exodos, pour dire toute la pitié que lui inspire le spectacle d'Oedipe aveugle. Comme le coryphée, il s'exprime à la première personne, mais c'est un "je" qui n'est pas individualisé : il a une valeur collective.

                Attache.gif (202 octets) Les stasisma sont des chants lyriques en dehors de la présence des acteurs. Le choeur est le porte-parole du peuple et représente la conscience collective. Le choeur commente l'action, se lamente, dit ses interrogations, ses doutes et ses craintes. Tantôt il s'adresse à lui-même, tantôt il s'adresse aux Dieux. S'il ne joue pas de véritable rôle dans l'action, Oedipe s'adresse cependant à lui  : " Tu me pries et j'entends ta prière" Dans son premier chant, le parodos, le choeur nous rappelle la situation de thèbes : la stérilité du sol et des femmes, les ravages de la peste et implore les Dieux  ( Athéna, Zeus, Apollon) de venir au secours de la ville;

Dans son deuxième chant, le choeur dit sa crainte de découvrir en Oedipe un criminel et il fait l'éloge du sauveur de thèbes, vainqueur du sphinx et son attachement à ce roi : " [...] il attesta sa clairvoyance / et son dévouement pour l'Etat / Jamais mon coeur ne le tiendra pour criminnel."

Dans son troisième chant, il reproche la démesure d'Oedipe et se départit de lson attitude en rappelant sa foi en la toute puissance divine : " Jamais je ne renoncerai à m'appuyer en dieu."

Dans son quatrième et dernier chant, il se lamente et dresse un bilan négatif de la destinée humaine : le bonheur terrestre n'existe pas : " [...] je comprends que la félicité / en ce monde n'est pour personne." Il plaint Oedipe de ses malheurs, il fait le bilan de toute la vie d'erreurs d'Oedipe et regrette amèrement l'issue tragique.

    Le choeur est un intermédiaire entre le public et les spectateurs, il incarne les valeurs civiques et morales de la Grèce et participe à la portée didactique de la pièce.

        fleche.gif (94 octets) LE MESSAGER

                L'arrivée de ce personnage au début du troisième épisode provoque un faux coup de théâtre pour Jocaste et Oedipe. En effet, venu annoncer la mort de Polybe, Jocaste et Oedipe le considèrent comme leur sauveur et la preuve irréfutable de la non crédibilité des oracles : Oedipe devait tuer son père or son père est mort de vieillesse donc il peut vivre en paix. Mais comme le précise Jocaste elle-même : " c'est une nouvelle à double tranchant", le messager apporte le malheur en croyant apporter le bonheur. Il vient annoncer à Oedipe que Corinthe l'attend pour le proclamer roi légitime, il dissipe les craintes incestueuses d'Oedipe en lui révélant qu'il n'est pas l'enfant légitime de Mérope et Polybe. Il précise même à Oedipe : " tu fais fausses route , c'est évident", mais ce qu'il prend pour preuves évidentes de l'erreur de jugement d'Oedipe sont en fait les preuves implaccables de sa culpabilité. Pour répondre à la question " Qui suis-je ? ", le messager va commencer à lever le voile sur l'énigme de sa vie : il lui raconte comment il l'a trouvé, justifie son nom, évoque celui de qui il l'a reçu. L'enquête touche à son terme. C'est le messager qui fera parler dans un premier temps le pâtre qui refuse de dire ce qu'il sait : il est celui par qui la vérité ne peut plus rester dans l'ombre. il manque encore un chaînon, le vieux pâtre.

        fleche.gif (94 octets) LE PÂTRE

                Il hésite à parler et invoque un défaut de mémoire, il essaie d'empêcher le messager de parler : " Va te faire pendre ! Veux-tu te taire ?" il ne consent de répondre à Oedipe que sous la menace du fouet, et encore c'est très progressivement qu'il dévoilera toute la vérité. Grâce à lui, le chemin D'oedipe peut être reconstitué : De Laïos, il fut donné à Jocaste qui le remit au pâtre pour le tuer pour que l'oracle ne se réalise pas, mais il a eu pitié de cet enfant et  l'a donné au messager que voici lequel messager l'a donné à Polybe et Mérope. le passé n'a plus de scret, Oedipe sait qui il est  : un fils parricide et incesteux. Ce personnage, a priori sans importance est en fait le plus important : c'est par lui que les vraies preuves sont apportées, tout ce qui avait été cru avant n'était qu'un leurre de vérité.

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