VIE ET OEUVRE DE DIDEROT

      
           
Né à Langres en 1713, Diderot est le fils aîné d’une famille de sept enfant. Son père, artisan coutelier aisé le destinait à la vie ecclésiastique et lui fait suivre l’enseignement des Jésuites. Dés l’âge de vingt ans, Diderot se détourne des ambitions paternelles, mène une vie de bohème, exerce des petits travaux pour survivre. C’est à cette période qu’il rencontre Grimm, l’ami et l’éditeur de toujours.
           
En 1742, contre l’avis paternel il épouse une lingère, Antoinette Champion mais le  couple vit en totale disharmonie ; des quatre enfants nés de cette union, seule Marie-Angélique survivra. Diderot éprouvera pour sa fille une affection sans borne, aura pour but de satisfaire tous ses besoins matériels, et c’est pour lui constituer une dote confortable qu’il vendra sa bibliothèque à Catherine II de Russie, qui  l’appréciait particulièrement et chez qui il séjournera de 1773 à 1774. A la mort de Diderot, Catherine II envoie 1000 roubles à sa veuve.
           
En 1749, Diderot, qui avait déjà soulevé les critiques avec la parution l’année précédente de son roman libertin, Les Bijoux indiscrets,  est incarcéré à la prison de Vincennes pour avoir publié La lettre sur les aveugles à l’usage de ceux qui voient. Dans cette lettre au titre provocateur qui sera suivie de La lettre sur les sourds et muets à l’usage de ceux qui entendent et qui parlent en 1751, affirme son athéisme et sa foi en le matérialisme. Le monde n’est que matière et les notions de Bien et de Mal sont naturelles ; la vertu est indépendante de l’idée de Dieu, elle dépend des sens et selon que l’on voit ou que l’on ne voit pas, la morale sera différente.
           
Le premier tome de L’encyclopédie, voit le jour en 1751. Diderot y travaillait depuis sa rencontre avec d’Alembert en 1746. Le projet de Diderot est colossal : il veut faire le bilan de la somme des connaissances dans tous les domaines. Mais cet ouvrage n’a pas une seule valeur informative, c’est un outil, pour Diderot et les autres auteurs qui ont participé à sa rédaction, tels Voltaire, Rousseau, d’Alembert, pour dénoncer les abus du pouvoir de l’état et de l’église, mais aussi l’obscurantisme dans lequel le peuple est entretenu. Au rythme d’un par an, six nouveaux volumes vont être publiée entre 1752 et 1757. Mais cette œuvre dérange, elle est jugée hérétique par les jésuites, l’ouvrage est condamné par Rome et par le parlement, le roi révoque le privilège accordé à Diderot pour l’impression et ordonne de détruire les sept volumes déjà parus. En 1766, les volumes VIII à XVII sont imprimés clandestinement
           
En 1755, Diderot fait la connaissance de Sophie Volland, son amie, sa maîtresse et sa confidente et avec qui il entretiendra une très grande correspondance qui est riche de renseignements sur l’homme privé, mais aussi sur l’homme de lettres et le philosophe. Hasard des coïncidences, elle meurt le 22 février 1784 et Diderot le 31 juillet de la même année.
          
En 1757, Diderot publie Le fils naturel, drame bourgeois qui sera complété par un essai sur le théâtre Entretien sur le fils naturel et suivi en 1758 du Père de famille. L’intérêt de Diderot pour le théâtre est tel qu’il entend rénover et dépoussiérer la tragédie classique qui, selon lui ne correspond plus aux attentes du public. Il met en scène la vie quotidienne et fait la peinture « réaliste » de la bourgeoisie. Il considère que pour émouvoir et toucher le spectateur, il faut qu’il se sente concerné par le spectacle auquel il assiste. De plus, dans le Paradoxe sur le comédien, en 1773, Diderot explique que le comédien de talent doit reproduire mécaniquement et sans émotion les gestes du personnage qu’il joue.
           
En 1760, Diderot publie à nouveau une œuvre qui fait scandale, La Religieuse, roman qui fait la satire de la vie conventuelle.
            La rencontre de Diderot et de Jean-François Rameau en 1761, le neveu du musicien est à l’origine du Neveu de Rameau, œuvre qui suit le rythme d’une conversation désordonnée sur des sujets variés tels la musique, la peinture, la morale…entre Moi, Diderot et Lui, le neveu, un parasite dénué de tout sens moral.
           
1771, première rédaction de Jacques le Fataliste, 1774, publication du Supplément au voyage de Bougainville
           
Enfin en 1784, publication des neuf Salons rédigés depuis 1763, réflexions sur les œuvres picturales et sculpturales exposées à Paris au cours des salons qui avaient lieu tous les deux ans, écrites à la demande de Grimm pour sa revue littéraire. Véritable critique d’art, Diderot exprime toute son admiration pour Chardin, Vernet, Greuze mais aussi pour Homère et Shakespeare.
           
Diderot meurt le 31 juillet 1784